Étiquette : La geste

  • C’est qui, ton public cible avec La geste improvisée du chevalier Anowan ?

    Tout comme les shampoings pour cheveux secs, rêches et rebelles, le livre est un produit dont il est important d’identifier les user persona. Ce concept marketing dûment éprouvé permet de dresser le portrait-type du consommateur idéal, celui qui aura le plus de chances de se montrer satisfait du produit, au point d’en devenir l’ambassadeur capable d’en faire la promotion auprès de ses pairs – pour la plus grande joie du producteur n’ayant plus qu’à croiser les bras en attendant la pluie de commandes qui lui permettra in fine de se payer une retraite dorée aux Seychelles.

    Car tout comme les possesseurs de cheveux gras, collants et lisses risquent de se montrer déçus par l’application d’un shampoing pour cheveux secs, rêches et rebelles, un lecteur mal aiguillé sur un roman risque d’en faire une mauvaise publicité, et ce faisant, d’en détourner d’autres à qui il aurait pu plaire, si jamais sa critique n’a pas le bon goût d’être un peu argumentée (exemple non exhaustif à titre d’illustration: « C’est nul »).

    Pour éviter un tel désagrément, et avec le recul que permettent les sept semaines qui se sont écoulées depuis le lancement de La geste, voici ce qu’une étude approfondie usant du protocole Allalouche d’Apeupré sur Echantillon Pas Représentatif nous permet de déduire concernant les lecteurs cibles du roman.

    • Amateur de fantasy… mais pas que

    Sans doute parce que c’est de la fantasy… mais pas que. Il faut réussir à ne pas se laisser sortir de la lecture de la trame principale par ces interruptions qui commentent, disgressent, dissertent sur le pourquoi du comment – un peu à la façon d’un Princess Bride. Mais pour apprécier, il est tout de même préférable d’avoir une petite connaissance des poncifs du genre, qu’on y adhère ou pas d’ailleurs.

    • Grenouilleur dans le milieu du livre

    Le roman compte déjà une bonne proportion de lecteurs qui arborent une casquette d’auteur, de libraire, de bibliothécaire ou d’éditeur (y compris ceux qui ont refusé de le publier dans leur maison, ça n’empêche pas d’apprécier, la « ligne éditoriale » n’est pas qu’un prétexte pour dire qu’on n’a pas aimé…). Sans doute parce qu’ils se rendent compte que le livre parle aussi d’eux et qu’ils en sont d’une certaine façon les héros cachés.

    • Amateur de pop culture avec des morceaux de geek dedans

    Oui il y a des refs. On peut ne pas les chopper, il se trouve que moi-même je ne les avais pas toutes, mais ça fait plaisir quand on les attrape – comme avec les Pokémons.

    • Lecteur de La tentation de la pseudo-réciproque

    A priori, vous n’êtes pas perdus malgré le changement d’univers, mon staïle chargé en propositions conjonctives et en adverbes en -ment ne vous fait toujours pas fuir. Si je pouvais remettre la main sur ce lectorat accumulé pendant 15 ans et qui a déserté (pour d’excellentes raisons) les réseaux sociaux où nous étions en relation, j’imagine que mon éditeur s’en montrerait ravi.

    • Membre francophone de ma famille

    Merci à vous.


    Si on cherche à recouper tous ces critères et à évaluer le cardinal de l’ensemble obtenu, on arrive au chiffre de 0 (ou de 1 en me comptant, j’appartiens à mon public-cible \o/). Mais ce n’est pas bien grave puisqu’il suffit de cocher l’une des cases pour être admis au club.

    Et si vous n’en cochez aucune, je compte sur vous pour démontrer à la face du monde en lisant et en appréciant mon roman que ces histoires de user persona, c’est rien que des conneries de marketeux de mes deux reins.

    Les livres ne sont pas des shampoings.

  • C’était comment, cette soirée de lancement de La geste ?

    C’était bien. C’était plus que bien. C’était un vrai cadeau. Parce qu’il y avait littéralement cinq décennies de ma vie rassemblées dans La librairie des femmes en ce soir de 19 mars, et que ça ne doit pas arriver si souvent, à part pour des funérailles, donc on peut dire que j’ai eu une chance incroyable de connaître ça de mon vivant \o/.

    Il y avait Anthia, tout d’abord, qui m’accueillait dans « sa » libraire. Elle avait préparé une bio, une interview avec des vraies questions pertinentes dedans, une lecture d’extrait délivrée avec maestria et la bonne prononciation d’Eindhomein, et aussi des carottes au houmous et des madeleines. Elle a été pour beaucoup dans la réduction de l’état de stress inhérent à une première, grâce à elle, j’étais à l’aise, autant que Blaise, et vraiment prête à savourer ce moment. On a évoqué Arcane, les chansons de geste, Jasper Fforde, Terry Pratchett et Catherine Dufour, autant dire qu’on était en bonne compagnie!

    Il y avait aussi Paul, ou Mike, ou Fabrice, pardon, Fabien, l’Editeur, qui avait amené une quiche et du vin, et le lot qu’il fallait de blagounettes délivrées avec le ton pince-sans rire qui est la marque de fabrique de Paul&Mike. J’en ai profité pour lui soutirer des infos intéressantes, comme la validation de la couv’ du tome 2 et le fait qu’une version traduite en anglais de la Geste serait envisageable à partir d’un x1000 sur le nombre de ventes.

    Il y avait Huguette et sa copine Annie, pétillante lectrice octogénaire des 7+1+1 tomes de La tentation qui était venue goûter à ma nouvelle mixture, j’espère qu’elle la trouvera à son goût.

    Il y avait mes parents. Toujours là dans les moments importants, et la fierté que j’ai vue dans leurs yeux m’a rendue fière comme rarement.

    Il y avait Hélène, copine de 3ème à l’origine d’une grande partie de mon œuvre littéraire, puisque je n’aurais sans doute pas eu le même parcours scolaire qui ma inspiré La tentation si elle ne m’avait pas poussée à m’inscrire à Louis-le-Grand – où elle, finalement, n’est jamais venue ^^’.

    Il y avait Florence, mon archiviste personnelle qui a pris le relais des amitiés à LLG, qui m’a fait découvrir la Grèce et qui est à l’origine de mes premiers textes dans le « ton » qui est devenu le mien, parce qu’il fallait l’écrire, cette lettre à Jérémy, hein ?

    Il y avait Julie, compagne d’écriture de longue date, l’autrice non publiée parce qu’elle ne cherche pas (encore ?) à l’être dont j’ai lu, je pense, le plus d’œuvres distinctes. Elle comprend qu’on peut à la fois éprouver de l’empathie pour ses personnages et laisser des choses pas très cool leur arriver, parce qu’on n’invente pas les histoires, on les découvre, pas vrai ?

    Il y avait Véronique, vraie visite surprise, lectrice de La tentation, qui m’a fait réaliser que dans Erika Valery, il y avait un jeu de mot aussi oO. Elle doit faire partie de ces gens qui découvrent dans ce que j’écris des choses que j’ignore y avoir mises alors qu’elles sont là depuis le début. Merci pour cette première chronique sur Babelio !

    Il y avait des inconnus de moi venus par curiosité et parce que Fabien avait apporté de la quiche et du vin, j’espère qu’ils ont passé un bon moment 😀 !

    Et il y avait ceux qui n’étaient pas là, mais un peu quand même. Stéphanie, Otto, Fabien P, Marianne, Sanrankune, M. Ravera parce qu’il faut bien quelqu’un pour garder les gosses à la maison.

    Je sais que c’est le bazar un peu partout, que l’avenir est incertain, qu’il n’y a pas beaucoup de raisons de se réjouir, alors quand un truc aussi chouette vous arrive, vous avez juste envie de prendre toute cette gentillesse et de vous lover dedans comme dans un cocon.

    Il parait qu’aujourd’hui, c’est la journée du bonheur.

    Ca tombe bien.

  • « La geste improvisée du chevalier Anowan » – Un point d’étape ?

    Dix mois se sont écoulés depuis la pose du point final, et j’ai vécu pendant ce laps de temps à la fois très court et très long, une succession de moments plus « déclencheurs de shoots de dopamine » les uns que les autres :

    • Le premier retour de bêta-lecture
    • La première réponse d’un éditeur
    • Autre réponse d’éditeur (négative mais qui fait bien plaisir quand même ^^)
    • La signature du contrat
    • La fin des corrections éditoriales
    • La finalisation de la couv’
    • Les pré-commandes
    • La réception des premiers exemplaires imprimés
    • Le placement en librairie
    • La joie des lecteurs qui reçoivent leur exemplaire dédicacé et le promènent dans différents endroits du globe
    • Le tout premier « vrai » retour sur le produit fini…
    Screenshot

    L’histoire ne s’arrête pas là, évidemment – il y a déjà la soirée « chips-cacahuètes » du 19 mars à Paris où je devrais retrouver rassemblées 4 décennies de contacts oO (avec lecture publique au menu ^^’).

    Il y a la suite – ce tome 2 déjà écrit qui attend ses corrections éditoriales et qui sera dans les bacs à la fin de l’année.

    Il y a ce recueil de nouvelles collectif programmé pour être publié sous forme de revue chez P&M en février 2027, qui accueillera ma contribution et peut-être la vôtre si vous participez à ce concours ?

    Et puis il y aura bien sûr ce que VOUS voudrez bien partager avec moi de votre lecture de La geste, de votre ressenti, de vos interrogations… Chaque critique, chaque chronique, sur n’importe quelle plateforme, rend plus tangible l’existence de ce livre et l’inscrit un peu plus dans la durée – surtout dans une époque où tout est volatile, s’oublie et disparaît…

    Je découvre aussi ce que signifie la promotion sur les RS en 2026, beaucoup moins innocente qu’il y a dix ou quinze ans (tout se passait à l’époque sur Facebook et Twitter, souvenez-vous!) Le bookstagram d’Instagram a ses propres codes et ses algos, on peut s’amuser à les décortiquer pour tâcher de les dompter et gagner en visibilité, cela peut-être amusant, mais ça peut aussi manger beaucoup de temps et d’énergie. Et générer de la frustration.

    Vive les blogs qui permettent de rédiger des articles de six pieds de long ! Et au moins, vous savez toujours où me trouver 😉

  • Comment as-tu trouvé du temps pour écrire ton roman ?

    Ha ha ha ha.

    (Dixit, d’une voix plus fluette que son physique tout en cornes, en griffes et en queue fourchue ne le laisserait supposer, le diable avec qui j’ai passé un pacte – je suis éternellement damnée.)

    En vrai, le diablotin en question m’a avoué qu’il avait zéro pouvoir en la matière, mais je suis toute disposée à partager mes secrets de fabrication avec vous.

    Quelques heures avant que ne se produise le déclic, j’aurais pu jurer que l’écriture n’était plus compatible avec mon job, ma famille, mes enfants, les heures de sommeil nécessaires au bon fonctionnement de mes organes vitaux et le processing quotidien de l’information comme quoi l’humanité trouve chaque jour de nouvelles façons de courir un peu plus vite vers sa putréfaction.

    Le déclic ayant eu lieu (vous avez vu mon post sur la série Arcane ?), répondre à l’injonction de dénicher 3 à 4 heures dans une journée pour écrire est devenu un objectif primordial.

    Voici donc mes trucs et astuces en mode « gourou du bien-être quand on veut écrire un livre » (mais qui, si on ne fait pas attention, pourraient bien faire fuir l’être aimé).

    I. Changer de job

    Quand on bosse dans le même domaine et dans la même boîte pendant trop longtemps, il y a une accumulation de « trucs à faire » et de « trucs auxquels penser » qui s’empilent dans notre tête et l’empêchent de se concentrer sur autre chose, même quand on sort de notre bulle professionnelle, et y compris de manière inconsciente. Faire le test du « à quoi je pense pendant que je prends ma douche » est une bonne manière de se rendre compte d’à quel point on est atteints.

    J’ai donc décider de faire un reset en cherchant à changer de boulot. Et la démarche a suffi à envoyer un message à mon cerveau pour qu’il se rende compte que réfléchir à comment optimiser le rendement d’un serveur de streaming multiformats à haut-débit pendant qu’on se shampooine ce n’est pas ce qui va nous rendre le plus heureux.

    La démarche a abouti après la rédaction du roman, comme quoi, c’était vraiment dans ma tête.

    Postive side effects : j’ai changé de boulot.

    II. Organiser la confection des repas

    Même si M. Valery-Ravera s’occupe de la gestion d’un nombre conséquents de tâches liées à la bonne marche du foyer, il y a tout de même un minimum à faire de mon côté – et s’assurer qu’on ne se nourrit pas de conserves et de surgelés pendant toute la semaine fait partie de mon mandat.

    La solution que j’ai trouvée, digne des plus pointus des influenceurs des temps modernes, s’appelle : le batch cooking.

    Aka je me bloque trois heures chaque week-end pour pré-préparer un max de plats: découper des légumes, assembler des sauces, précuire ce qui peut l’être et parce qu’il faut être pragmatique, élaborer un menu hebdo qui incorpore aussi un ou deux repas ne demandant pas beaucoup plus que de faire cuire des pâtes. Grâce à ça, les repas du soir sont pris dans les temps et on s’accapare quelques précieuses minutes de rab.

    Positive side effects : on mange plus équilibré et on gaspille moins.

    III. Offrir pour Noël un jeu vidéo en split-screen à son mari et à son fils

    Baldur’s gate III est devenu mon nouveau jeu préféré même si je n’y ait jamais joué. Je me suis offert des soirées entières de tranquillité avec zéro culpabilité.

    Positive side effects : resserrage des liens entre le papa et le fiston (malgré les engueulades sur qui a le droit de looter tel ou tel coffre).

    IV. Arrêter de se lamenter sur l’état du monde

    Et commencer pour cela à stopper cet afflux d’informations anxiogènes et désespérantes qui nous envahissent et nous pourrissent le cerveau. Quand ce trop-plein d’infos conduit à inciter à se replier sur soi-même et à noircir l’image qu’on a de son prochain, une prise de recul est salutaire et permet de rediriger son énergie vers quelque chose de plus productif.

    Positive side effects : je reste dans l’idée d’aller voter à chaque élection.

    V. Faire des choix concernant les activités annexes

    Vous pensiez réellement qu’il était possible de s’en tirer gratuitement sans toucher à ses loisirs ?

    Que nenni.

    Moins de binge watching de séries (de toute façon, je suis arrivée à l’âge où je m’endors devant), moins de lecture, moins de soirées jeux de plateau, moins de temps passé à aligner des bonbons sur son smartphone. Le bilan de production d’endorphines reste largement positif.

    Positive side effects : tout a un meilleur goût quand on s’y remet après une période d’abstinence.

    VI. Halte à la procrastination

    Mon dieu que ce post est en train de devenir sérieux…

    Mais c’est une réalité : avoir un objectif précis auquel on tient oblige à s’organiser pour se vider la tête le plus rapidement possible afin de pouvoir la remplir de nouveau avec quelque chose qui a plus de valeur. Et rien de mieux pour cela que d’exécuter une tâche aussitôt qu’elle nous tombe dessus.

    Positive side effect : je n’ai jamais été aussi efficace dans ma vie que depuis que j’ai recommencé à écrire.


    Voilà tout ce que j’ai mis en œuvre pour que voient le jour les deux tomes des Gestes malhabiles du chevalier Anowan – 150k mots, 800k caractères rédigés en grande majorité entre novembre 2024 et mai 2025 et un peu chaque jour entre 21h et 1h du matin.

    Il faut reconnaître que ça n’a pas été facile tous les jours pour mon entourage et je suis extrêmement reconnaissante à Mr, Jr et Jrette de s’être adaptés à la situation. C’est une chance et un privilège de vivre dans un environnement compatible avec une passion aussi prenante.

    Big up à eux.


    Parution officielle le 2 mars 2026.

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  • Ca parle de quoi, La geste improvisée du chevalier Anowan ? (Part III – la musique)

    Bon, j’avoue, il y a une petite entourloupe, LGICA ne parle pas vraiment de musique, même si la notion de geste (au féminin, vous avez noté ? non, ce n’est pas une faute qui serait passée au travers des 92 relectures subies par le texte) ramène bien au chant épique.

    Mais je voulais plutôt dans cet article évoquer l’influence de la musique sur l’écriture de mon roman. Et hop, ni vu ni connu, on va parler de processus créatif.

    Je suis une écrivaine du calme et du silence (et ce de plus en plus, l’âge venant). Pour que le flow s’installe, j’ai besoin de ne pas avoir de distra… oh ! une notif Whatsapp ! Bref, vous m’avez comprise. Et donc, je n’aime pas, d’ailleurs je ne peux pas, écrire en écoutant de la musique.

    En revanche: écouter de la musique quand je n’écris pas participe à plein au mécanisme de construction de mes histoires. LGICA en particulier a bénéficié de ces moments où quelques notes de musique et quelques paroles glanées par-ci par-là ont créé des images voire ont été à l’origine d’épisodes clés.

    Au moment où j’écris cet article, vous êtes à peu près 6,37 à avoir lu le roman, donc je ne vais pas entrer dans l’analyse détaillée du lien entre chacune des chansons qui va suivre et un chapitre précis du livre (je suis un poil moins nerdy qu’à l’époque de l’écriture de La tentation, vous noterez), y compris avec des grosses balises spoil, mais je vous laisserai le découvrir par vous-mêmes – après lecture 😉

    Toutes ces chansons ont en tout cas tourné en boucle pendant l’orchestration de mon récit (ma maisonnée en mode boule Quiès en est témoin) et je ne peux les entendre sans que des images mettant en scène mes personnages ne se déploient devant mes yeux (dessinées par le studio Fortiche, les images, si vous avez bien suivi, autant dire que ça déboîte).

    Si cette playlist hétéroclite au possible vous parle, il se pourrait que ce soit le cas aussi pour La geste improvisée du chevalier Anowan. (Mais on ne va pas se mentir, peut-être pas).

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  • Ca parle de quoi, La geste improvisée du chevalier Anowan ? (Part II – la fantasy)

    Je suis entrée en fantasy par la grande porte du Seigneur des Anneaux. 3 gros tomes empruntés à la bibliothèque municipale d’Antony quand j’avais 16 ans et qui m’ont nourrie pendant que je me remettais d’une quadruple extraction de dents de sagesse (en mode hamster). J’ai vu les paysages de la Terre du Milieu défiler beaucoup plus vite que les pages, j’ai vécu les péripéties avec les personnages, découvert le bestiaire fantastique qui fait encore référence aujourd’hui et j’ai terminé la trilogie en ayant l’impression d’avoir fait partie de la Compagnie de l’anneau.

    Quelques années plus tard, j’ai lu la série de l’Assassin Royal, avec une vision beaucoup plus intimiste et un monde d’une richesse extraordinaire qui était parvenu à inventer quelque chose de complètement nouveau. Le lien de Fitz avec son loup m’a durablement marquée, le personnage du Fou a été une révélation et toute la série des Aventuriers de la mer avec Althéa aux commandes, une prolongation parfaite de cette immersion.

    Après, j’ai fait les choses dans le désordre, puisque j’ai découvert la fantasy complètement barrée de Catherine Dufour avec ses Dieux qui buvaient avant de tomber en amour devant Pratchett et son Disque-monde.

    Là, c’est vraiment l’écriture pleine d’humour, de jeux de mots et de trouvailles malines qui m’ont fait pousser des petits cris d’enthousiasme, et j’ai vu de nouvelles façons de faire du world building en s’appuyant sur des concepts existants, quitte à les détourner, voire les dynamiter. Dans le cas de C. Dufour, en profiter au passage pour glisser un message politique a été un ajout apprécié.

    Plus récemment, j’ai expérimenté la cozy fantasy toute douce avec Légendes et Lattes, même si on y était déjà un peu avec Pratchett. J’adore franchement le pitch : une guerrière orc qui se range des combats pour… ouvrir un café – dans un petit village peuplé de créatures telles que des ratkins, des elfes ou des succubes. C’est à lire au coin du feu avec un plaid sur les genoux, un chocolat chaud dans une main et un chat qui ronronne à ses pieds.

    Une dernière lecture de fantasy récente : L’ensorceleur des choses menues, de Régis Goddyn, moins délicate que ce que son nom laisse entendre, et qui m’a sortie de ma zone de confort en adoptant le point de vue d’un héros pas commun – un vieil ensorceleur aux petits pouvoirs qui se lance dans une quête aux côtés d’une jeune femme à la recherche de son amour perdu. C’est plein de surprises, avec une réappropriation de thèmes que l’on retrouve classiquement dans les romans « avec de la magie dedans ».


    Qu’est-ce que La geste improvisée du chevalier Anowan emprunte à des références aussi différentes ?

    Vous vous doutiez bien que vous n’obtiendriez pas de réponse ici 🙂

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  • Ca parle de quoi, La geste improvisée du chevalier Anowan ? (Part 1 – Arcane)

    Tss tss. Vous ne m’aurez pas comme ça. Je ne suis pas du genre à aller afficher les tropes de mon livre et à poster des extraits en mode teaser sur les RS. Sans doute parce qu’au mépris de toute stratégie marketing efficace (que Paul et Mike me pardonnent), je n’aime rien moins tant que de découvrir une oeuvre de manière « fortuite », et entrer dedans sans la moindre idée d’à quoi m’attendre.

    Mais j’ai quand même envie de vous parler de la Geste par la bande – et j’ai choisi de le faire à travers d’autres oeuvres qui m’ont influencée.

    Les plus perspicaces d’entre vous auront repéré le Part 1 qui accompagne le titre de cet article, ce qui laisse présager d’épisodes suivants – c’est parce que je me rends compte que j’ai plein de choses à raconter sur le sujet 🙂


    Commençons par l’oeuvre sans qui rien de tout cela ne serait arrivé. J’aurais pu intituler ce post: Que s’est-il passé en novembre 2024 ? tellement ce moment a été charnière dans ma vie (comme vous le verrez, je n’exagère même pas !)

    A cette époque, donc, je pensais être définitivement rangée de l’écriture. J’avais un début de roman qui stagnait à 5000 mots depuis… 2015, mon fameux projet de « roman de fantasy avec un téléphone portable dedans ». Il s’était pour moi enfoncé dans le puits des histoires perdues, même si j’avais une structure en tête et une fin vers laquelle je voulais tendre. Mais l’envie de le mener au bout avait disparu, sans que je ne comprenne réellement pourquoi. Et puis l’état du monde, le boulot, les gosses, étaient de bons arguments pour ne pas sortir de cette léthargie somme toute confortable bien qu’insatisfaisante.

    En parlant des gosses… Cela faisait un an que mon aîné, 15 ans au compteur, me tannait pour que je regarde avec lui sa série préférée: Arcane. Au moment de la sortie de la première saison sur Netflix, il l’avait littéralement dévorée et écoutait la bande-son en boucle (qu’est-ce que j’ai pu détester Imagine Dragons !).

    Pour ma part, j’avais regardé le premier épisode avec lui, trouvé l’animation originale et sympa, mais l’histoire m’avait semblé très classique et j’avais été globalement déçue. Je m’étais endormie pendant le visionnage du deuxième épisode (je souligne que juniorette ne faisait toujours pas ses nuits…) et je n’avais rien compris au troisième – j’avais décidé d’en rester là.

    Novembre 2024: sortie de la deuxième saison. Junior veut revoir la première histoire de se remettre le scénario en tête avant d’attaquer les épisodes inédits, et cette fois je l’accompagne en mode « plus réveillée ». Je ne m’endors plus pendant le deuxième épisode, je comprends le troisième… et je commence à me rendre compte que ce n’est pas du tout la narration classique à laquelle je m’attendais. Je trouve ça même carrément bon, avec un final qui, cette fois, me laisse agréablement surprise.

    A la fin du quatrième épisode, je réalise enfin que les trois premiers sont en réalité une longue introduction et que l’histoire commence réellement ici. Et je me prends une claque monumentale : l’animation est époustouflante, l’univers bien planté, les enjeux complexes, et les personnages d’une profondeur insoupçonnée. Pas de manichéisme, plein de dilemmes, et des arcs multiples qui donnent envie de savoir comment tout cela va évoluer (et side effect, Imagine Dragon ne me donne plus du tout de boutons ! Toute la bande-son devient canon quand elle s’avère capable de vous faire défiler des scènes épiques dans la tête).

    Episode cinq: et c’est le flash.

    Le même type d’épiphanie qui m’a fait écrire une saga en 9 tomes pendant 10 ans après une balade dans la forêt de Brno (pour ceux qui se souviennent de la genèse de la Tentation !). J’ai compris un truc clé sur mon personnage, reconnu ce qui lui manquait pour avoir une raison d’avancer vers le but que je lui avais fixé.

    J’ai réouvert mon fichier word dans la foulée et les mots ont recommencé à couler, au service de scènes que je visualisais à présent comme si elles avaient été dessinées par les incroyables frenchies du studio Fortiche (et je vous assure, ça tabasse !)

    Nous avons terminé le visionnage de toute la première saison et heureusement pour ma santé mentale, pu enchainer sur la deuxième (honnêtement, je ne sais pas comment il est possible de survivre au cliffhanger du dernier épisode de la saison I. Je comprends l’obsession du fiston).

    J’ai continué à apprendre des choses sur mon personnage, sur son caractère, ses réactions, en observant comment son alter-ego dans la série évoluait. Et cette période a été incroyablement stimulante, entre l’attente des nouveaux épisodes distillés trois par trois et dévorés dans la foulée, et l’écriture de mon roman.

    [Pour l’anecdote, c’est aussi le retour de cette envie d’écrire qui m’a fait lever le nez du guidon et réaliser que j’avais besoin de temps de cerveau disponible pour aller au bout de ce projet, ce qui ne pouvait se faire sans changer de boulot. Après 15 ans dans la même boîte, c’était un pari… qui a été remporté. Ce qui m’a permis de me retrouver dans les conditions idéales pour finir mon premier jet – plus de pensées parasites le soir en rentrant du taf.]

    La série Arcane n’est pas parfaite. Mais on peut l’aimer à la fois pour ou malgré ses défauts – ce qui est, finalement, assez en phase avec son propos. En plus d’être un monument de l’animation, elle est un modèle de narration à plus d’un titre :

    • le « show, don’t tell » : pas besoin de faire défiler un descriptif du monde et des enjeux qui le traversent au début de la série, tout se révèle au fur et à mesure en suivant les personnages et en découvrant leurs réactions et leurs interactions. C’est un peu plus exigeant parce que le travail n’est pas prémâché et qu’on peut passer à côté si on n’est pas attentif (cf moi dans ma période burnout post partum) mais c’est teeeeeellement plus satisfaisant ! Et immersif. (Le défi était de taille, la série étant basée sur le lore du jeu vidéo Leagues of Legends qui avait une existence à part entière – je n’y ai jamais joué et ça ne m’a en rien empêchée d’apprécier, rien que pour ce tour de force, bravo!)
    • le traitement des personnages : c’est si bien fait qu’ils prennent une existence propre, leur évolution est fidèle à leur caractère et à leur histoire, ils ne sont pas figés ni contraints par des stéréotypes de genre, et c’est pour ça qu’on s’attache à eux, parce qu’ils sont crédibles, même si leur univers et les pouvoirs qui y sont disponibles l’éloignent du nôtre. C’est cet attachement qui permet de créer de l’émotion.
    • le foreshadowing: c’est la technique qui consiste à donner par avance des indices sur ce qui va se passer par la suite. Ca peut être lourd quand c’est mal fait (« Il ne le savait pas encore, mais prendre le chemin de gauche plutôt que celui de droite allait causer sa perte… ») mais quand c’est assez subtil, ça donne juste envie de tout revoir depuis le début en s’extasiant sur les petits détails. Et cette technique-là est absolument maîtrisée par les scénaristes d’Arcane, au point que même les génériques peuvent être décortiqués frame par frame pour y repérer des clins d’oeil. Avec cet éclairage, les deux premiers épisodes que j’avais moins appréciés au départ prennent une saveur inédite au revisionnage – en réalité, ils sont parfaits.

    Ne vous y trompez pas, La geste n’a rien d’une fan fiction d’Arcane ! Mais elle lui doit beaucoup en tant que source d’inspiration concernant la narration, ainsi que quelques autres éléments. Et il y a un certain nombre d’easter eggs glissés à l’intérieur que les fans de la première heure reconnaîtront !

    C’est d’ailleurs le marqueur d’une grande oeuvre: sa capacité à inspirer d’autres créateurs. Il suffit de regarder le nombre de fanarts qui pullulent sur Insta, de fan fictions, et même d’analyses vidéos poussées pour comprendre l’ampleur du phénomène. J’ai envie de vous partager parmi ces dernières celles qui m’ont le plus marquée.

    WARNING: J’ai réussi à vous dire tout le bien que je pensais d’Arcane sans rien spoiler ^^ mais les vidéos que je mets en lien ci-dessous ne sont à regarder que si vous avez déjà vu la série pour vous éviter ce désagrément. Rendez-vous directement en bas de la page sinon ^^

    • Pourquoi une telle série qui a mobilisé une foultitude de créateurs talentueux ne devrait pas exister dans un monde capitaliste qui exige de la rentabilité
    • Une hypothèse sur la fin de le série que je trouve savoureuse (et à laquelle je choisis de croire!)
    • Une analyse inspirante sur la construction des personnages de la série, et pourquoi ils parviennent à nous toucher
    • Une vidée de DIX-NEUF MINUTES sur UNE SCENE de la série – ok, la meilleure à mon avis, tant elle est bien écrite, cela les vaut tout à fait ! (Les autres vidéos de Tilda Owen qui dissèque la série suivant le prisme de la relation entre Caitlyn et Vi méritent toutes d’être vues aussi !)

    … Et on peut passer des heures à explorer toutes ces ramifications pour voir les uns et les autres tâcher d’expliquer tel aspect du scénario ou tel comportement de personnage. C’est vertigineux et je n’ose imaginer la fierté que doit provoquer chez les créateurs de la série cette « appropriation ».


    Voilà décortiquée l’une de mes influences, ou plutôt, ce qui a été la source de changements majeurs dans ma vie 😉

    Et pour découvrir les « Arcane vibes » de mon roman… il suffit de le lire 🙂

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  • Quand va sortir La geste improvisée du chevalier Anowan ?

    La date est tombée: le 2 mars (2026, sisi), le livre devrait être disponible à la commande dans toutes les librairies, sur les plateformes (au prix de 22€) et au format numérique (6,99€).

    Oui, ça paraît teeeeeeeellement loin ! Mais comme me disait mon prof de maths en prépa, ça n’a jamais été aussi proche (il parlait des concours, soit une perspective bien moins réjouissante, mais ça marche avec n’importe quelle échéance, vous pouvez essayer.)

    En attendant, les pré-commandes sur le site de l’éditeur sont ouvertes: https://paulemike.com/shop/home/148-la-geste-improvisee-du-chevalier-anowan-9782366511703.html

    « A quoi ça sert, une pré-commande ?  » vous demandez-vous peut-être, « Si ce n’est à payer des frais de port qui donnent envie de chanter l’Internationale tellement ils sentent la victoire du capitalisme libéral sur la notion de service public ? »

    Une pré-commande, c’est un acte d’amour, une façon de dire: on a vraiment envie, on fait confiance et on a hâte. Et ça n’enlève rien aux déclarations tout aussi importantes qui suivront de la part de ceux qui commanderont mon livre en librairie ou le téléchargeront via une plateforme, plus tard, après avoir vu d’autres retours avant de se décider. C’est juste une question de temporalité.

    En plus d’une gribouille de ma part (aka dédicace), les pré-commandeurs auront aussi droit à un marque-page illustré par Sanrankune 🙂

    Quelle que soit la manière de vous procurer cet alignement particulier de mots qui se transforme en histoire, j’espère que cette dernière vous plaira.

  • A quoi va ressembler la couv’ de ton prochain bouquin ?

    Suite à un sondage réalisé sur un échantillon représentatif de deux personnes et demi dans un rayon de vingt mètres autour de moi, j’ai établi que sa couverture intervenait pour 67,38% dans la décision de s’intéresser plus avant à un livre. Surtout quand il s’agit d’un premier (dans mon cas, techniquement, puisque publié sous un nom différent de celui utilisé pour mes écrits précédents). Autant dire que le bidule a intérêt à être soigné pour multiplier les chances de voir des vrais doigts de vrais gens venir se saisir de l’objet (un fantasme tactile d’auteur, jugez-nous si vous voulez).

    J’ai donc eu envie d’une réalisation originale pour ma couverture, et pas simplement d’une image issue d’une banque, aussi décidai-je en accord avec mon éditeur de puiser dans mon vivier de connaissances pour venir mettre des pixels sur l’enveloppe de mon roman.

    Les magnifiques couvertures des 9 tomes de La tentation de la pseudo-réciproque ont été réalisées par Sam Drakulls, un geekzone buddy qui s’est depuis reconverti en ambulancier (aucun lien de cause à effet a priori) et j’ai eu la chance que Sanrankune accepte d’illustrer mon rekoeil de nouvelles il y a 9 ans de ça. Le gars étant non seulement talentueux mais aussi très sympa, c’est naturellement vers lui que je me suis tournée (du côté gauche, parce que les convictions, c’est important) pour ce nouveau job.

    Je vais donc vous partager le making-off de la couv de ce roman de fantasy avec un téléphone portable dedans, qui est aussi un roman sur l’écriture d’un roman de fantasy.

    Après un premier brief, le concept de la couv ressemblait à ça.

    Une fois passé du côté numérique de la force, le concept a donné ceci. Mais je n’étais pas complètement satisfaite par la disposition alors on a essayé quelque chose d’un peu différent.

    Bon, mieux, mais ce grand écran noir en plein milieu, je trouvais ça angoissant. Alors on a encore revu la composition en ajoutant quelques éléments.

    L’idée au départ était de faire un contraste, avec juste une partie en couleur et le reste de la scène en N&B. Mais si l’idée était sympa sur le papier, au final, je me suis dit qu’avec des couleurs partout, ce serait mieux.

    Ah oui! Là ça commençait à ressembler à un truc sympa, avec plein de petites références à des éléments du bouquin. Il ne restait plus qu’à terminer la mise en couleur, revoir deux ou trois points pour mieux coller au contenu, et on a obtenu…

    Attention, roulement de tambours…

    Voilà voilà… Oui, la première idée ne faisait pas du tout couverture de livre, en fait, donc reset total, et vous avez droit en même temps que le cover reveal au title reveal (alors que si j’avais fait une école de marketing 3.0, j’aurais bien fait attention à scinder ces informations dans deux posts différents, histoire de maximiser l’accaparation de votre attention, flûte, trop tard, la boulette…). Le titre du roman, ainsi que l’auront remarqué ceux d’entre vous qui ont passé avec succès le cap du CP, sera donc:

    Premier tome de la série Les gestes malhabiles.

    Oui, ce n’est pas une couverture classique pour un roman de fantasy… Mais il ne s’agit pas non plus d’un roman de fantasy classique !

    La suite… ce sera en mars 2026 ! (Si l’univers ne nous a pas avalés avant.)


    Avec Sanrankune, nous avons quand même finalisé la pseudo-couverture originale, qui a déjà servi d’affiche à l’occasion d’un marché de Noël. Je la trouve très cool aussi.

    (Et merci à lui pour sa patience ^^).

  • « C’est qui, Paul&Mike, au fait ? »

    M’a demandé ma voisine qui, sorti de Flam Marion et de Gal Limard, ne connaît pas grand monde dans celui de l’édition.

    Pour lui répondre, j’ai posé quelques questions à P&M dont je partage ici les réponses afin que vous puissiez faire un peu mieux connaissance avec la maison qui publiera ma prochaine série.

    Comment sont nées les Editions Paul&Mike ?

    Elles sont nées en 2011 dans l’esprit de deux journalistes qui éditaient initialement des écrits polémiques (d’où le magnifique jeu de mots qui nous sert de marque). Mais, s’ils avaient l’esprit polémique, ils avaient moins la fibre commerciale et l’entreprise faisait faillite lorsque Fabien P. et moi-même (Fabien M.) sommes venus la sauver en 2014, tels des super-héros de l’édition.

    Quels sont vos rôles respectifs au sein de la maison ?

    En fait, nous sommes 3 associés. Fabien P. s’occupe principalement de la sélection des manuscrits et de la direction éditoriale. Je (Fabien M.) m’occupe de l’administratif, des relations libraires, des partenariats, enfin bref de tous les trucs relous et le troisième (Jean-Luc), c’est difficile à dire. Faudra que je lui demande un jour, tiens.

    Qu’est-ce qui est le plus galère à vivre quand on est éditeur ?

    L’équilibre entre l’art et la survie. 

    C’est quoi les plus gros kifs quand on est éditeur ?

    Tomber sur un manuscrit vraiment original (autant te dire que ce kiff est assez rare).

    Non, en vrai, le plus gros kif, c’est quand ton compte en banque est encore positif à la fin du mois !

    Quelle est la ligne éditoriale de la maison ?

    Ah la vache, elle est dure cette question. Notre seule ligne est d’éditer ce qui nous plaît et on est assez difficile. Si l’on devait vraiment trouver un point en commun à nos livres, disons qu’on aime bien ce qui est légèrement décentré. On aime bien faire des pas de côté. Nos ouvrages ont donc cela en commun de ne pas donner à lire ce que l’on serait en mesure d’attendre normalement.

    C’est quoi la recette pour se faire éditer chez P&M ?

    Etre différent. Avoir une voix originale et identifiable. Tout éditeur te dira ça, mais chez nous, c’est vrai !

    C’est quoi la définition d’un auteur / d’une autrice à succès chez P&M ?

    C’est celui qui est édité par une autre maison. J’imagine que là on insère un émoticône LOL. Pour répondre à la question plus sérieusement, un succès pour nous, c’est quand un auteur dépasse son électorat « naturel » [NDLR: c’est bien connu, P&M ne publie que des Elus ;-)]. Par exemple, un auteur de polar qui arrive à vendre à des non amateurs de polar. Dans ce cas, on sait qu’on rentabilisera sans problème le livre et qu’il se vendra suffisamment pour continuer à éditer.

    Des conseils à donner à un auteur / une autrice qui cherche à se faire publier ?

    Par pitié, faites relire vos bouquins (plusieurs fois) avant de les envoyer. Et ensuite, lisez les livres des maisons d’édition à qui vous envoyez un manuscrit. J’hallucine tous les jours de recevoir des recueils de poésie alors que nous ne faisons pas de poésie. C’est un manque de respect total.

    Est-ce que tu as des interactions particulièrement wtf avec des auteurs qui te viennent en tête ?

    J’en ai trop ! D’une manière générale, quand je demande à un auteur ce qu’il lit et qu’il me dit qu’il lit peu, je comprends qu’il n’est pas vraiment auteur. Ce qui me fascine aussi, ce sont les auteurs qui t’écrivent en te disant qu’avec leur livre, tu vas faire « un coup marketing ». Ils n’ont pas compris que Paul&Mike sont des artisans. On ne fait pas des « coups », on publie des livres avec passion et application. Cela prend du temps, c’est souvent ingrat et, parfois, à de rares moments, nous sommes traversés par la joie du travail bien fait et reconnu.

    C’est pas un boulot facile, éditeur, et ce qui transparait dans ces lignes fait aussi écho à une série d’articles publiés récemment sur le site Actualitté, en mode « feuilleton auto-biographique »: OnlyFanes… ou la vie d’éditrice, quand t’as plus un radis . C’est douloureusement bien écrit.

    Je souhaite pour ma part la vie la plus longue possible aux éditions Paul&Mike [Insérez ici un emoticone qui sourit en croisant les doigts de pied].

    Lien vers le catalogue.

    Pour soumettre un manuscrit.