{"id":2962,"date":"2025-11-23T21:30:11","date_gmt":"2025-11-23T20:30:11","guid":{"rendered":"https:\/\/kylieravera.fr\/?page_id=2962"},"modified":"2026-07-28T20:53:47","modified_gmt":"2026-07-28T20:53:47","slug":"lady-in-red","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/erikavalery.fr\/?page_id=2962","title":{"rendered":"Lady in Red"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour le contexte, lisez d&rsquo;abord ceci: <a href=\"https:\/\/kylieravera.fr\/2016\/09\/29\/est-ce-quil-test-deja-arrive-quelque-chose-de-vraiment-creepy\/\">https:\/\/kylieravera.fr\/2016\/09\/29\/est-ce-quil-test-deja-arrive-quelque-chose-de-vraiment-creepy\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puis ceci: <a href=\"https:\/\/erikavalery.fr\/?p=2964\">https:\/\/erikavalery.fr\/?p=2964<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais lorsque je la vis, \u00e0 moi appara\u00eetre,<br>V\u00eatue tout de rouge dans un habit sanglant,<br>Je n&rsquo;osai dire un mot, et passai pour tra\u00eetre<br>Aupr\u00e8s de celles qui me mendiaient un compliment.<br>Je n&rsquo;eus d&rsquo;yeux que pour elle, durant toute la soir\u00e9e<br>Et pour cette seule raison ne l&rsquo;invitai danser:<br>Comment voulez-vous, avec meilleur volont\u00e9<br>Admirer la beaut\u00e9 des yeux qui vous regardent&nbsp;?<br>Quand cach\u00e9 dans la salle, mon coeur la cherchait<br>Et qu&rsquo;enfin la trouvait au bras d&rsquo;un jeune lad,<br>Battait si sourdement que souvent je craignis<br>De ne pouvoir supporter plus lente agonie.<br>Aux tr\u00e9fonds de mon \u00e2me, la v\u00e9rit\u00e9 hurlait;<br>La v\u00e9rit\u00e9 hurlait: pour mon malheur, j&rsquo;aimais.<br>Pour un baiser vol\u00e9, le voleur est puni.<br>Mais avant d&rsquo;\u00eatre fardeau, son larcin est fruit<br>Qui vaut la peine qu&rsquo;\u00e0 jamais il endure<br>Les pires tourments, les plus grandes injures<br>Pour garder sur ses l\u00e8vres le go\u00fbt d&rsquo;un souvenir,<br>Le charme d&rsquo;un parfum, la douceur d&rsquo;un sourire.<br>Des l\u00e8vres br\u00fblent des l\u00e8vres mais aussi incendient<br>Un coeur qui se consume, un corps que la vie fuit.<br>Aimer pour aimer est un r\u00eave de philosophe,<br>J&rsquo;aime pour une femme, un peu plus \u00e0 chaque strophe.<br>Elle l&rsquo;ignore, et m&rsquo;a pris pour confident<br>Et de celui qu&rsquo;elle aime me narre les talents,<br>Sans m\u00eame s&rsquo;apercevoir qu&rsquo;assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;elle,<br>Je l&rsquo;\u00e9coute en tremblant et souffre de mes conseils.<br>Serait-ce trahir un serment, si, par une nuit,<br>Je l&#8217;embrassais plus tendrement que d&rsquo;autres soirs,<br>Me d\u00e9partissant de cet atroce r\u00f4le d&rsquo;ami<br>Que jouer chaque jour abat mes espoirs?<br>Si au lieu de ma joue, je lui offrais mes l\u00e8vres<br>Et oubliais un instant d&rsquo;\u00eatre son fr\u00e8re,<br>Me ha\u00efrait-elle parce que je l&rsquo;aurais tromp\u00e9e,<br>Pourrait-elle, un jour, \u00e0 nouveau me pardonner<br>De n&rsquo;avoir pas su r\u00e9primer mon d\u00e9sir<br>Et lui dissimuler l&rsquo;amour qu&rsquo;elle m&rsquo;inspire?<br>S\u00fbrement, je serais auteur d&rsquo;une trahison:<br>Envers elle, d&rsquo;abord, et cela, je ne veux pas.<br>Mais envers lui, aussi, car je dois reconna\u00eetre<br>Qu&rsquo;il fut mon ami avant d&rsquo;\u00eatre un rival.<br>Dites-moi maintenant \u00e0 quoi me soumettre:<br>A un sentiment que je sais \u00eatre coupable<br>Ou \u00e0 un vent violent que je sens \u00eatre bon?<br>Le choix est impossible, la situation<br>Etrange: l&rsquo;amour ne peut se mettre sur table.<br>Elle l&rsquo;aime, me le dit, mais n&rsquo;ose le lui avouer.<br>Il l&rsquo;aime, j&rsquo;en suis s\u00fbr, mais n&rsquo;en parle jamais.<br>Jamais leurs visages ne se sont rencontr\u00e9s<br>Pour go\u00fbter la saveur d&rsquo;un langoureux baiser.<br>Leurs regards sont francs, seules leurs joues teint\u00e9es de rose<br>Marquent qu&rsquo;ils s&rsquo;\u00e9changent un po\u00e8me en prose<br>Avec chaque mot de tous les jours prononc\u00e9.<br>Ils sont seuls \u00e0 savoir, et seuls \u00e0 ignorer:<br>Complexes sentiments d&rsquo;une jeunesse de vingt ans<br>Qui pense au fond d&rsquo;elle m\u00eame qu&rsquo;elle a tout son temps.<br>Il n&rsquo;y a que la mort qui saurait les presser<br>Et d&rsquo;un seul coup de faux abr\u00e9ger mes tourments!<br>Je criais: \u00ab\u00a0Je vous tuerai tous, puis m&rsquo;en irai.<br>Demeur\u00e9 seul, alors, comme un dieu je serai.\u00a0\u00bb<br>Ce soir, j&rsquo;en restai \u00e0 ces folles r\u00e9flexions<br>Oubliant de me r\u00e9jouir de la f\u00eate.<br>L&rsquo;aube pointait d\u00e9j\u00e0 quand je vins au salon<br>Ne pouvant dormir, souffrant trop de ma t\u00eate.<br>Elle \u00e9tait l\u00e0, allong\u00e9e sur le sol m\u00eame,<br>Une couverture n\u00e9gligemment pos\u00e9e sur elle.<br>Je ne pouvais me dire, en la voyant dormir:<br>\u00ab\u00a0Elle est tout \u00e0 moi, et pour toujours m&rsquo;appartient\u00a0\u00bb.<br>Car ce que je vis, \u00e9crit sur son visage,<br>Retint ma main comme l&rsquo;aurait fait un sage.<br>J&rsquo;y lus ma souffrance, scell\u00e9e dans un secret;<br>Sur ce front blanc, le nom d&rsquo;un autre \u00e9tait grav\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vie expira au bord de son empire,<br>Au lieu des paroles de consolation,<br>Il murmura ce qu&rsquo;il pouvait dire de pire:<br>\u00ab\u00a0Je t&rsquo;aime, pour le malheur de nos deux raisons.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est mort, mon ami, mon bourreau, mon rival,<br>Mort pour son pays et pour le tr\u00f4ne royal.<br>Ma tristesse est grande, ma douleur sinc\u00e8re,<br>Car celui que je perds \u00e9tait comme un fr\u00e8re.<br>Je le pleure, soit, mais alors, mon dieu, pourquoi<br>Un horrible sentiment s&#8217;empare-t-il de moi?<br>Alors que je devrais \u00eatre dans le malheur,<br>Une \u00e9tincelle de joie \u00e9claire ma demeure.<br>Suis-je devenu r\u00e9ellement inhumain<br>Au point de me r\u00e9jouir d\u00e8s le lendemain<br>Du d\u00e9part de celui \u00e0 la place duquel<br>J&rsquo;aurai d\u00fb me trouver? Par la gr\u00e2ce du ciel<br>Un emp\u00eachement me fit demeurer au camp<br>Et ce fut lui qu&rsquo;on choisit pour verser son sang.<br>\u00d4, Hasard, alli\u00e9 d&rsquo;un funeste destin,<br>Es-tu seul coupable? N&rsquo;\u00e9tait-ce que ton dessein?<br>Ne savais-je pas que justement ce jour-l\u00e0<br>L&rsquo;artillerie ennemie serait renforc\u00e9e<br>Et que pour plusieurs de nous sonnerait le glas<br>Nos troupes n&rsquo;\u00e9tant suffisamment pr\u00e9par\u00e9es?<br>Si je le confesse, je jure cependant<br>Que jamais n&rsquo;enfreignis une seule fois le serment<br>De pr\u00e9f\u00e9rer mourir plut\u00f4t que d&rsquo;envoyer<br>A ma place un autre se faire tuer.<br>Si je restai au camp, sauvant par-l\u00e0 ma vie,<br>Ce fut malgr\u00e9 moi et \u00e0 cause d&rsquo;un ami<br>Qui sentant approcher ses derniers instants<br>Me pria d&rsquo;honorer les ultimes sacrements.<br>J&rsquo;\u00e9prouve h\u00e9las! le besoin de me justifier<br>Car ce n&rsquo;est pas l\u00e0 tout le fond de ma pens\u00e9e.<br>Mon unique tourment se r\u00e9sume en ces mots:<br>Ai-je tu\u00e9 par amour et par jalousie<br>Ou par \u00e9go\u00efsme, ce terrible d\u00e9faut?<br>Suis-je un assassin dissimul\u00e9 dans la nuit<br>Qui comme un l\u00e2che refuse de livrer combat,<br>De se battre \u00e0 la loyale pour \u00e0 la fois<br>Le coeur de celle qu&rsquo;il aime, et qu&rsquo;il n&rsquo;ose esp\u00e9rer<br>Et l&rsquo;estime de son p\u00e8re difficile \u00e0 gagner?<br>Qu&rsquo;elle est donc belle, la jeune fille en rouge,<br>Quand habill\u00e9e de sang, elle pleure son amant.<br>Et je m&rsquo;avance vers elle, le coeur br\u00fblant,<br>Elle serre contre moi sa poitrine qui bouge<br>Au rythme des sanglots, des accords ravageurs <br>Qui des larmes am\u00e8res ont toute la saveur.<br>Mais mes joues sont s\u00e8ches et mes membres sont froids<br>Car quand m\u00eame celle que j&rsquo;adore est avec moi,<br>Je sais pourquoi elle pleure et qu&rsquo;elle a tant de peine:<br>Juste avant de mourir, il lui a dit \u00ab\u00a0Je t&rsquo;aime!\u00a0\u00bb<br>Ces mots qu&rsquo;elle attendait depuis tellement longtemps<br>Que veulent-ils dire, quand enfin elle les entend?<br>Qu&rsquo;avant d&rsquo;\u00eatre mari\u00e9e ou m\u00eame fianc\u00e9e,<br>Par cet aveux final, elle est veuve de guerre,<br>Qui veut la toucher doit retourner \u00e0 terre<br>En ne pouvant d&rsquo;elle plus rien esp\u00e9rer.<br>Si j&rsquo;avais eu, avant, le courage de lutter,<br>J&rsquo;aurai pu, par mon coeur, abattre un vivant,<br>Mais que faire contre un mort qu&rsquo;on ne peut plus blesser?<br>Comment, contre un fant\u00f4me, se d\u00e9clarer gagnant?<br>Jamais la jeune femme n&rsquo;\u00e9mit une seule plainte<br>Mais son silence, en moi, causait plus de crainte.<br>Elle aimait un souvenir et avait vingt ans.<br>Qui aurait devin\u00e9 en la voyant avant,<br>Qu&rsquo;un jour elle ne pourrait m\u00eame plus cacher<br>Le chagrin que pour tant d&rsquo;autres elle avait chass\u00e9?<br>Je l&rsquo;aidai de mon mieux, comme l&rsquo;aurait fait un fr\u00e8re,<br>Faisant taire la voix qui criait dans ma chair.<br>Si je ne parvenais gu\u00e8re \u00e0 la faire rire<br>Je pouvais n\u00e9anmoins arracher un sourire<br>Qui \u00e9clairait un instant ce visage aim\u00e9<br>Et me brisait le coeur comme l&rsquo;e\u00fbt fait un baiser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le long de la colline, o\u00f9 coule un ruisseau,<br>Sont sem\u00e9s les cailloux que je grave de ces mots:<br>\u00ab\u00a0-Quel que soit votre coeur, de pierre ou de diamant,<br>Quelles que soient vos pens\u00e9es, m\u00e9pris ou amusement,<br>Conservez mon tr\u00e9sor, gardez bien mon secret,<br>Pour toujours, jurez de ne jamais l&rsquo;avouer:<br>Son nom ne vous importe, donc je le tairai.<br>Sachez seulement qu&rsquo;elle est pour moi la plus belle<br>Et que c&rsquo;est pour son bien que je vais m&rsquo;en aller.<br>Elle peut encore m&rsquo;oublier, j&rsquo;ai confiance en elle.<br>Je pars maintenant, avant qu&rsquo;il ne soit trop tard,<br>Avant que je ne lui avoue tout par hasard.<br>Je lui manquerai comme le ferait un ami,<br>Et non comme je sais qu&rsquo;elle me manquera.<br>Je ne serai pour elle qu&rsquo;un soldat enfui,<br>Mais pour quelle raison, elle ne le saura pas.<br>Qu&rsquo;il me soit donn\u00e9 le courage de partir!<br>J&rsquo;en ai \u00e0 peine les moyens et point le d\u00e9sir,<br>Car que n&rsquo;offrirais-je, pour pouvoir demeurer<br>Dans ce pays qu&rsquo;autrefois j&rsquo;ai tant abhorr\u00e9!<br>Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une bien \u00e9trange pens\u00e9e:<br>Car si je vins ici, contre ma volont\u00e9,<br>Ce fut \u00e0 cause de cette maudite guerre<br>Qui m&rsquo;obligea \u00e0 partir loin de mes terres,<br>Et maintenant que l&rsquo;occasion m&rsquo;est offerte<br>De quitter cet enfer pour mon propre pays,<br>Mon \u00e2me se d\u00e9chire car mon coeur est pris<br>Et celle qui le poss\u00e8de ignore sa conqu\u00eate.<br>Je pars pour son bonheur, pour mon malheur, aussi:<br>J&#8217;embarquerai, demain, sur un navire Fran\u00e7ais<br>Et comme un voleur, je quitterai la Russie,<br>Avec pour seul bagage des chansons oubli\u00e9es.<br>Souvenez-vous de moi, \u00f4 rochers \u00e9ternels,<br>Afin que par vos soins puisse \u00eatre conseill\u00e9<br>Tout jeune homme qui aime et peut encore esp\u00e9rer<br>Plus qu&rsquo;un titre d&rsquo;ami et qu&rsquo;un adieu formel.<br>Rappelez-vous la fuite de ce d\u00e9serteur,<br>Qui r\u00e9siste aux \u00e9p\u00e9es et qui survit au feu,<br>Mais qui ploie sous les coups assen\u00e9s en douceur<br>A chaque fois que son regard croise certains yeux.<br>Ne m&rsquo;oubliez pas, c&rsquo;est ma seule pri\u00e8re.<br>Sur ce, je pars, en laissant derri\u00e8re moi<br>Quelques paroles, un souvenir aux pierres,<br>Et un cri terrible qui me brise la voix.\u00a0\u00bb<br>Dans la grande for\u00eat noire, je hurlai ces mots:<br>\u00ab\u00a0Esp\u00e9rant le meilleur, m&rsquo;attendant au pire,<br>J&rsquo;ai perdu la foi, mais je veux toujours vivre!\u00a0\u00bb<br>De cette voix, encore, raisonne l&rsquo;\u00e9cho.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand je revins au camp, enfin d\u00e9termin\u00e9,<br>Mon d\u00e9part sembla alors seul acte sens\u00e9.<br>J&rsquo;\u00e9prouvais la joie d&rsquo;une r\u00e9solution prise,<br>La folie sur moi rel\u00e2chait son emprise.<br>La nuit \u00e9toil\u00e9e soutenait ma confiance,<br>Spectre t\u00e9n\u00e9breux, j&rsquo;\u00e9loignais tes avances.<br>Nul homme \u00e0 cet instant n&rsquo;aurait pu para\u00eetre<br>Plus fort que moi, moins enclin \u00e0 se soumettre.<br>J&#8217;embarquais dans quelques heures que je passai<br>A revoir ces lieux o\u00f9 j&rsquo;avais tant souffert:<br>Immense plaine, luxuriante for\u00eat,<br>O\u00f9 chaque rocher de sang est recouvert.<br>Mais ce paysage que je croyais ha\u00efr<br>M&rsquo;apparut diff\u00e9rent sous le clair de lune:<br>J&rsquo;eus l&rsquo;\u00e9trange sentiment que derri\u00e8re les dunes<br>Une pr\u00e9sence cach\u00e9e me faisait un sourire.<br>Ironique, moqueur, il impr\u00e9gnait mon \u00e2me,<br>Et ces seules paroles rallum\u00e8rent ma flamme<br>Lorsque la nuit en moi grava ces quelques mots:<br>\u00ab\u00a0-Es-tu s\u00fbr que partir soit la seule chose \u00e0 faire,<br>Quand tu viens seulement de trouver tes \u00e9gaux?<br>En les quittant en secret, tu trahis tes fr\u00e8res.<br>Douze mois peuvent peser bien plus lourd que vingt ans<br>Pour qui a d\u00e9couvert l&rsquo;amour et la haine,<br>Et creuser un foss\u00e9 bien plus profond qu&rsquo;avant<br>Entre la nouvelle vie et l&rsquo;ancienne.<br>A ce pays qui t&rsquo;a appris \u00e0 tout craindre,<br>Tu es reconnaissant, malgr\u00e9 ton regard dur.<br>A ce sentiment qui t&rsquo;impose de feindre,<br>Tu fais une pri\u00e8re qui se heurte \u00e0 un mur.<br>Jamais choix ne fut plus difficile \u00e0 faire,<br>Que tu partes ou restes, l&rsquo;\u00e9tau se resserre,<br>Que tu partes ou restes, tu seras le perdant.<br>Sois libre, ou lib\u00e8re: \u00e0 quoi fais-tu serment?\u00a0\u00bb<br>La caresse du vent, telle une rumeur qui court,<br>Me fit douter soudain, m&rsquo;arr\u00eatant sans recours;<br>Je m&rsquo;assis sur le sol, et adressai aux cieux<br>Une fervente pri\u00e8re pour un coeur malheureux.<br>Ma belle assurance s&rsquo;\u00e9tait en fait mu\u00e9e<br>En une sourde angoisse impossible \u00e0 calmer.<br>Ma t\u00eate pos\u00e9e sur mes genoux repli\u00e9s,<br>Sur une flaque d&rsquo;eau, j&rsquo;observais mon reflet<br>Quand soudain apparut pr\u00e8s de mon visage<br>Le regard de celle dont j&rsquo;implorais l&rsquo;image.<br>Elle s&rsquo;assit \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s; pourquoi le fit-elle?<br>N&rsquo;avais-je donc pas assez pri\u00e9 le ciel<br>De rendre moins p\u00e9nible ma double t\u00e2che:<br>M&rsquo;en aller loin d&rsquo;elle sans m\u00eame qu&rsquo;elle le sache.<br>Elle ne disait rien, mais son silence parlait <br>Et moi, pauvre fou, que ne l&rsquo;ai-je \u00e9cout\u00e9 !<br>Ce fut avec une violence mortelle<br>Que je pris son poignet et l&rsquo;attirai vers moi,<br>Volant \u00e0 sa bouche ce que j&rsquo;ignorais d&rsquo;elle,<br>Brisant le serment r\u00e9it\u00e9r\u00e9 mille fois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Que pourrais-je dire, pour me justifier ?<br>Que le clair de lune m&rsquo;avait soudain aveugl\u00e9 ?<br>Que les voix du destin faisaient leur ouvrage<br>M&#8217;emp\u00eachant d&rsquo;ob\u00e9ir \u00e0 ma volont\u00e9 sage ?<br>Ou bien que, sans que je ne puisse l&rsquo;expliquer,<br>Quelque chose en moi, fit que je pr\u00e9voyais<br>Les \u00e9v\u00e9nements de la soir\u00e9e \u00e0 venir ?<br>Fut-ce pour cela que je m&rsquo;attendais au pire ?<br>Cet unique baiser au go\u00fbt de d\u00e9sespoir<br>Dans lequel je noyais tout mon souffle, ce soir,<br>Se peut-il que j&rsquo;eusse su qu&rsquo;il serait le dernier,<br>Et que c&rsquo;est l\u00e0 la raison qui me fit c\u00e9der ?<br>Ce plaisir sauvage au doux parfum d&rsquo;ambre<br>Quand devant moi sa silhouette se cambre,<br>Portait en lui une trop f\u00e9roce douleur<br>Pour \u00eatre re\u00e7u comme une simple faveur.<br>Et alors que je la serrais tout contre moi,<br>Nos fronts unis faisant de ses larmes les miennes,<br>Je sus que je la perdais pour toujours, cette fois,<br>Que toutes mes pri\u00e8res \u00e0 jamais seraient vaines.<br>Elle ne m&rsquo;a pas gifl\u00e9, ne m&rsquo;a pas repouss\u00e9.<br>Elle savait en venant ce qu&rsquo;elle allait trouver :<br>Un homme fou d&rsquo;elle, pr\u00eat \u00e0 le lui dire,<br>Qui allait lui offrir son coeur et son empire.<br>Mais au dernier moment, n&rsquo;ayant plus le courage<br>De me briser le coeur et de me condamner,<br>Elle serra contre ma poitrine son visage,<br>Et sur un triste rire, proposa de m&rsquo;aimer.<br>\u00ab\u00a0&#8211; Je vous aime, dit-elle, mais je serai franche :<br>C&rsquo;est parce que vous \u00e9tiez comme un fr\u00e8re pour lui,<br>Vous l&rsquo;appr\u00e9ciiez, et le coeur o\u00f9 je m&rsquo;\u00e9panche,<br>Est celui qui mes confidences accueillit.<br>Je suis pr\u00eate \u00e0 vous suivre, si vous acceptez<br>D&rsquo;\u00eatre aim\u00e9 pour autre que celui que vous \u00eates.<br>Vous ne m\u00e9ritez pas cette peine que je vous fais,<br>Malgr\u00e9 moi, et que tellement je regrette.<br>S&rsquo;il ne vous est pas odieux que je vous regarde<br>Avec ces m\u00eames yeux que je posais sur lui,<br>Il existe une chance pour qu&rsquo;enfin je m&rsquo;\u00e9vade<br>De cette triste cage o\u00f9 se confine ma vie&#8230;\u00a0\u00bb<br>D&rsquo;une voix que je ne pus emp\u00eacher de trembler,<br>Je l&rsquo;interrompis doucement, et murmurai :<br>\u00ab\u00a0&#8211; Ne vous acharnez pas \u00e0 trouver une excuse<br>A cet \u00e9tat des faits qui est si naturel.<br>Il ne s&rsquo;agit pas de votre part, d&rsquo;une ruse ;<br>Je sais : vous n&rsquo;avez en vous rien d&rsquo;artificiel.<br>Et ne consid\u00e9rez donc pas comme un p\u00e9ch\u00e9<br>De n&rsquo;\u00e9prouver pour moi que de l&rsquo;amiti\u00e9.<br>Car j&rsquo;aurai s\u00fbrement tort en vous obligeant<br>A \u00e9prouver pour moi un autre sentiment.<br>Et pourtant, n&rsquo;aurais-je pas donn\u00e9 n&rsquo;importe quoi<br>Pour entendre de tels mots avec votre voix !<br>Mais ce n&rsquo;est pas \u00e0 moi que vous les adressez,<br>Sachez que votre malheur ne pourra m&rsquo;apaiser.<br>Je vous en veux, jeune fille, et je ne peux<br>Admettre le contraire quand je vois vos yeux.<br>Je survivrai : je ne vous fais pas horreur,<br>De plus, mon visage, par vous n&rsquo;est point ha\u00ef.\u00a0\u00bb<br>Je sentis un poignard se ficher dans mon coeur<br>En l&rsquo;entendant soupirer \u00e0 voix basse : \u00ab\u00a0Merci&#8230;\u00a0\u00bb<br>Jamais je ne me revis aussi malheureux<br>Que cette nuit o\u00f9 elle dormit contre mon \u00e9paule.<br>J&rsquo;avais vingt-cinq ans, et j&rsquo;\u00e9tais tellement vieux<br>Que mes larmes rouill\u00e9es n&rsquo;atteignaient pas le sol.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A l&rsquo;aube, ma d\u00e9cision \u00e9tait prise.<br>Je la r\u00e9veillai par quelques mots chuchot\u00e9s :<br>\u00ab\u00a0La guerre va durer. Fuyez son emprise !<br>Je connais le moyen de vous faire \u00e9vader.\u00a0\u00bb<br>Le bateau levait l&rsquo;ancre dans deux heures \u00e0 peine,<br>Et n&rsquo;ayant, quant \u00e0 moi, plus de raison de fuir,<br>Je voulus la convaincre \u00e0 son tour de partir.<br>Face \u00e0 mes arguments, l&rsquo;opposition fut vaine.<br>\u00ab\u00a0&#8211; Cette guerre que nous menons n&rsquo;est plus la v\u00f4tre.<br>Lui-m\u00eame, s&rsquo;il est mort, ce fut pour une autre.<br>La gagner ou la perdre n&rsquo;est plus important.<br>Elle m\u00e8ne sans conteste \u00e0 une dictature,<br>Civile ou militaire, inhumaine s\u00fbrement,<br>Comme le sont toujours toutes les impostures.<br>Vouloir sauver sa vie n&rsquo;est pas une l\u00e2chet\u00e9,<br>Ne d\u00e9daignez pas cette occasion offerte<br>De poser ailleurs votre regard lib\u00e9r\u00e9,<br>Loin de toute cette folie de conqu\u00eate.\u00a0\u00bb<br>Il faisait encore nuit alors que je courais<br>En direction du port o\u00f9 des lumi\u00e8res brillaient,<br>Mes doigts cramponn\u00e9s \u00e0 une main br\u00fblante<br>Dont la pression sur ma paume accroissait ma h\u00e2te.<br>Le souvenir de cette course me hante :<br>Je craignais que le Temps ne dise \u00ab\u00a0\u00c9chec et Mat !\u00a0\u00bb<br>Au bord de la mer, sans m\u00eame nous arr\u00eater,<br>Nous cour\u00fbmes d&rsquo;une traite en direction du quai.<br>Arrivant au bateau, je vis le capitaine,<br>L&rsquo;oeil interrogatif, face \u00e0 ma g\u00eane.<br>\u00ab\u00a0&#8211; Vous n&rsquo;auriez jamais d\u00fb venir aussi t\u00f4t !<br>Quel acte insens\u00e9, venez-vous de commettre !<br>N&rsquo;avez-vous donc aucune piti\u00e9 pour mes os ?<br>Et pourquoi n&rsquo;\u00eates-vous seul \u00e0 vous compromettre ?<br>Ne vous avais-je pourtant assez pr\u00e9venu,<br>De ne parler \u00e0 personne de votre venue ! <br>&#8211; Pour cause de changement de plan, mon commandant,<br>Je ne pars plus. A ma place, emmenez-l\u00e0,<br>Et veillez sur elle comme je l&rsquo;ai fait avant.<br>Je r\u00e9ponds d&rsquo;elle comme je le fis de moi.\u00a0\u00bb<br>Malgr\u00e9 l&rsquo;obscurit\u00e9, je la sentis rougir ;<br>Sa main dans la mienne sembla se raffermir.<br>\u00ab\u00a0&#8211; D\u00e9sol\u00e9, mon gar\u00e7on, je n&rsquo;ai pas mes aises,<br>Et ne pourrais embarquer m\u00eame si le voulais<br>Une personne qui ne serait fran\u00e7aise<br>Et munie en cons\u00e9quent de bons papiers.<br>Les temps sont durs et les contr\u00f4les terribles,<br>Je ne peux risquer de perdre mon affaire<br>A cause d&rsquo;une imitation qu&rsquo;on ne peut parfaire,<br>Et le temps vous manque d&rsquo;en faire une cr\u00e9dible.\u00a0\u00bb<br>Je serrai les poings en contenant ma rage.<br>Jusqu&rsquo;o\u00f9 donc, le destin voulait-il me mener ?<br>Ne m&rsquo;avait-il pas d\u00e9j\u00e0 pris trop de gages ?<br>D\u00e9sirait-il savoir combien il me fallait<br>Essuyer de d\u00e9faites en jouant les h\u00e9ros<br>Pour aller de moi-m\u00eame creuser mon tombeau ?<br>Et bien non ! je relevai le d\u00e9fi, encor !<br>Avec un rire sauvage, je sautai sur le pont,<br>Et prenant l&rsquo;aum\u00f4nier par le cou sans effort<br>Je lui demandai, moqueur, en haussant le ton :<br>\u00ab\u00a0&#8211; Avant de b\u00e9nir ce d\u00e9part en voyage<br>Tu devras faire de moi un homme heureux.<br>Prends ton chapelet et c\u00e9l\u00e8bre mon mariage.<br>J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 mes t\u00e9moins : mon Capitaine, et Dieu !\u00a0\u00bb<br>De la jeune fille en rouge, je fis ma femme.<br>Pour le meilleur et pour le pire, je m&rsquo;offris l&rsquo;\u00e2me<br>De celle qui jamais ne devrai m&rsquo;appartenir<br>Autrement qu&rsquo;en pens\u00e9e, ou bien qu&rsquo;en souvenir.<br>\u00ab\u00a0&#8211; Oui\u00a0\u00bb Je n&rsquo;avais jamais \u00e9t\u00e9 plus sinc\u00e8re.<br>\u00ab\u00a0&#8211; Oui\u00a0\u00bb Elle ne mentait pas. Elle se tenait fi\u00e8re.<br>\u00ab\u00a0&#8211; Vous pouvez maintenant embrasser la mari\u00e9e.\u00a0\u00bb<br>Je lui tendis la main. Nos regards se crois\u00e8rent.<br>Elle s&rsquo;approcha de moi, serra ma main lev\u00e9e,<br>Et puis dans un \u00e9lan, embrassa mes l\u00e8vres.<br>C&rsquo;\u00e9tait une caresse au go\u00fbt de regret.<br>Ce n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e0 lui, mais \u00e0 moi, qu&rsquo;elle l&rsquo;offrait.<br>Pour la derni\u00e8re fois&#8230;<br>Ce fut la seule, je crois.<br>Je lui donnai ma bourse : quelques \u00e9conomies<br>Rassembl\u00e9es en h\u00e2te en pr\u00e9vision du voyage,<br>Trois ou quatre adresses, celles de vieux amis<br>Qui habitaient peut-\u00eatre au-del\u00e0 des nuages,<br>Et un papier jaun\u00e2tre o\u00f9 j&rsquo;avais \u00e9crit<br>Que son divorce avait l&rsquo;accord de son mari.<br>Je la poussai enfin \u00e0 trouver du travail<br>Connaissant la langue, je la savais de taille.<br>Et j&rsquo;\u00e9clate soudainement d&rsquo;un rire fou<br>En songeant que dans l&rsquo;aurore qui s&rsquo;enflamme<br>Le bateau qui s&rsquo;\u00e9loigne et se noie dans le flou<br>Est celui qui ram\u00e8ne chez moi ma femme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Dix ans pass\u00e8rent, avant qu&rsquo;elle ne prenne fin,<br>Cette guerre des tsars de la bombe atomique.<br>Russes vainqueurs de Russes fut le seul but atteint<br>Affirmant encore la puissance de l&rsquo;Am\u00e9rique.<br>Quand je revins en France, j&rsquo;eus l&rsquo;espoir de la voir.<br>Mais il ne s&rsquo;agissait que d&rsquo;un r\u00eave d&rsquo;un soir,<br>Auquel on a tellement pens\u00e9, tellement cru,<br>Qu&rsquo;il n&rsquo;a de sens que parce qu&rsquo;il est inaccessible.<br>On vit avec. Parfois, \u00e0 force, on s&rsquo;habitue<br>A le voir d\u00e9ambuler dans ces nuits terribles<br>O\u00f9 les ombres s&rsquo;agitent car le dieu Sommeil<br>S&rsquo;est d\u00e9sist\u00e9 en faveur du cruel Eveil.<br>Par un serment d&rsquo;orgueil, je promis que jamais<br>Je ne tenterais rien pour la retrouver.<br>Et s&rsquo;il m&rsquo;arrivait parfois de souhaiter encor<br>Rencontrer son ombre, au d\u00e9tour d&rsquo;un chemin,<br>De mon d\u00e9sir je riais bien fort &#8211; bien trop fort &#8211;<br>Quand au bout de l&rsquo;all\u00e9e, il n&rsquo;y avait rien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Bien des ann\u00e9es pass\u00e8rent. L&rsquo;habitude me vint<br>De promener mes os au bord des cimeti\u00e8res :<br>Visites pr\u00e9voyantes, j&rsquo;attendais la fin<br>Qui ferait de ces demeures mon carquois de fer.<br>Fut-ce pour moi une grande consolation<br>Quand je d\u00e9couvris, grav\u00e9 sur l&rsquo;aile du temps,<br>Qu&rsquo;elle avait v\u00e9cu trois fois quinze printemps<br>Et malgr\u00e9 les ann\u00e9es, avait gard\u00e9 mon nom !<br>Devrais-je regretter ce que je refusai<br>Cette nuit o\u00f9 j&rsquo;ai failli devenir un autre ?<br>La preuve est l\u00e0 : je sais qu&rsquo;elle m&rsquo;aurait aim\u00e9<br>Puisque sur sa tombe, je retrouve grav\u00e9<br>Ce pr\u00e9sent que je voyais br\u00fbl\u00e9 dans l&rsquo;\u00e2tre.<br>Et c&rsquo;est donc \u00e0 vous qu&rsquo;il me faudra me plaindre<br>\u00d4 Destin\u00e9e, Hasard, Dieu, ou je ne sais quoi,<br>De m&rsquo;avoir oblig\u00e9 si longtemps \u00e0 me taire,<br>Qu&rsquo;en lisant : Ci-g\u00eet elle, je hurle : Ci-g\u00eet moi !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>R.V.D.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour le contexte, lisez d&rsquo;abord ceci: https:\/\/kylieravera.fr\/2016\/09\/29\/est-ce-quil-test-deja-arrive-quelque-chose-de-vraiment-creepy\/ Puis ceci: https:\/\/erikavalery.fr\/?p=2964 Mais lorsque je la vis, \u00e0 moi appara\u00eetre,V\u00eatue tout de rouge dans un habit sanglant,Je n&rsquo;osai dire un mot, et passai pour tra\u00eetreAupr\u00e8s de celles qui me mendiaient un compliment.Je n&rsquo;eus d&rsquo;yeux que pour elle, durant toute la soir\u00e9eEt pour cette seule raison ne l&rsquo;invitai [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-2962","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikavalery.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2962","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikavalery.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikavalery.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikavalery.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikavalery.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2962"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/erikavalery.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2962\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3705,"href":"https:\/\/erikavalery.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2962\/revisions\/3705"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikavalery.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2962"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}