Ca fait quoi, de travailler avec une « petite » maison d’édition ?

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Pour celles et ceux qui suivent mon parcours depuis plusieurs années, vous savez que mon premier pied dans le monde de l’édition a été posé du côté indé, avec La tentation de la pseudo-réciproque (7+1+1 tomes d’une saga scientifico-humoristico policière au titre abscons mais qui sonne bien). Ce qui n’était pas un choix au départ (42 soumissions, 42 refus ^^’) l’est devenu par la suite puisque la série a rencontré son public et qu’elle continue, quinze ans plus tard, à être téléchargée1 – et lue.

Pourquoi, dans ce cas, passer par un éditeur pour Les gestes malhabiles, si j’étais satisfaite de cette expérience?

Pour plein de raisons.

1. Le travail du texte

Les 9 tomes de La tentation ont subi une succession de relectures implacables et je sais que j’ai eu beaucoup de chance de tomber sur des relecteurs et relectrices bénévoles qui ont contribué à les expurger de nombreuses scories. Mais je voulais connaître l’expérience d’un accompagnement pro sur un texte, qui n’hésiterait pas à remettre en cause certains choix narratifs, et pas seulement corriger la grammaire et l’orthographe. Grâce à Fabien P., j’ai été servie ^^.

2. Une certaine forme de reconnaissance

On va pas se mentir, même si on a déjà connu la joie d’être apprécié par des lecteurs appartenant à un cercle plus large que la famille et les proches, ça rend un peu fier que des professionnels de l’édition qui ont déjà vu des centaines de manuscrits défiler devant leurs yeux s’intéressent à ce que vous avez créé. Ca met un petit coup de canif dans votre syndrome de l’imposteur, et ça alimente l’envie de continuer à raconter des histoires.

3. Des portes qui s'(entre)ouvrent

Celles des librairies et des salons sont restées fermées tant que j’ai été en autoédition (et au vu de la production déjà pléthorique des éditeurs, je comprends sans problème pourquoi). Un nombre important de lecteurs mettent aussi l’existence d’une procédure d’édition classique comme prérequis à la lecture d’un texte – les risques sont tout de même moindres de tomber sur « n’importe quoi ».

L’édition ne garantit pas la présence d’un roman en librairie, en salon et chez, soudainement, des milliers de lecteurs, mais ça rend tout de même ces étapes plus accessibles.

La geste est évidemment commandable dans n’importe quelle librairie physique ou en ligne, mais voici à date celles où vous trouverez des exemplaires physiques en stock:

4. Un accompagnement

Oui, c’est chouette de ne pas se retrouver seul avec son texte, mais de pouvoir échanger avec une équipe quand on a une question, des interrogations, des doutes, et envie de partager les bonnes comme les mauvaises nouvelles. C’est rassurant d’avoir des relais qui nous soutiennent (ne serait-ce qu’en likant nos publis ^^). Et puis le sentiment d’appartenir à une communauté d’auteurs compte aussi.

On apprend, (j’avais pourtant juré que jamais je ne créerais de compte Insta…) et on grandit.

Ok, mais pourquoi une petite maison indé qui n’est pas spécialisée en fantasy , alors?

1. Parce qu’elle a dit oui, et vite

Chaque année, les maisons d’édition françaises reçoivent des milliers, voire des dizaines de milliers de manuscrits. Je n’ai pas trouvé de statistiques détaillées, mais les estimations parlent de moins de 1% de ces manuscrits qui seraient publiés (et certains disent que c’est déjà trop!). Bref, je connais la valeur d’un « oui » – et aussi d’un contrat qui promet une publication en moins d’un an.

Paul&Mike est une petite maison d’édition mais elle est à compte d’éditeur, elle a un distributeur, elle existe depuis quinze ans, elle a une réputation de sérieux et j’aime les livres qu’elle publie.

Alors certes, ce n’est pas une maison spécialisée en fantasy ni en séries, mais en textes qui font « un pas de côté », ce pas qui est justement fait dans La geste et qui a rendu d’autres éditeurs frileux.

On a, ensemble, décidé de relever le défi de faire rencontrer ces romans à son public.

2. Parce que cela permet de garder une certaine forme d’indépendance

On ne se refait pas: j’aime participer à tout ce qui se monte autour du livre, de la conception de la couv à la promo. Je sais que je n’aurais pas eu cette liberté dans une plus grande maison.

3. Parce que j’ai envie que mes livres s’inscrivent sur la durée

Quelle que soit la taille de la maison d’édition, les livres n’ont que quelques semaines en librairie pour se faire une place durable. Si le livre n’a pas rencontré son public en trois mois, il disparaît facilement, non seulement des étals mais aussi du plan de promotion des grandes maisons qui le remplacent par le dernier venu au catalogue. Chez P&M, je sais qu’on me laisse du temps, et que le fonctionnement en impression à la demande permet d’éviter le coût du stock et du pilon. À un moment où les structures indépendantes sont fragiles, ce paramètre est important.

Ok, qu’est-ce qui reste à faire, alors, pour que La geste soit plus connue?

Plein de choses 🙂

  • Proposer à vos librairies de commander un exemplaire pour voir si le livre pourrait intéresser leur lectorat habituel
  • Idem pour les médiathèques – ces lieux formidables de vie et de partage
  • Laisser des commentaires (argumentés, c’est top!) sur les sites spécialisés: Babelio, Booknode, Livraddict, Sens critique…
  • Si vous êtes bookstagrameur et que vous souhaitez un Service Presse pour vous faire votre propre idée, me contacter!
  • Si vous travaillez pour les Studios Fortiche et que vous cherchez la prochaine histoire à adapter en série diffusée sur Netflix, vous pouvez me contacter aussi 🙂

Il paraît que tout seul, on va plus vite, et qu’ensemble, on va plus loin. Je ne suis pas pressée, ça tombe bien 😀

  1. Premier tome dispo gratuitement ici: Amazon ou ici Kobo ↩︎

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